Interview exclusive | Comment Future Leaders a changé ma carrière
Parmi les Future Leaders 2026, Thomas Bernad s’impose comme l’un des visages d’une nouvelle génération d’entrepreneurs qui repensent le secteur avec ambition et conviction. Son parcours témoigne d’une approche à la fois visionnaire, concrète et résolument tournée vers l’avenir.
Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots (ton parcours) ?
Thomas – J’ai 27 ans et je suis le fondateur de Be Morpho.
Je suis ingénieur en mécanique et passionné par l’innovation et la création de produits. Depuis trois ans, je développe une nouvelle génération de bombes de peinture propulsées par de l’air comprimé plutôt que par les gaz pétroliers traditionnellement utilisés. Mais Be Morpho, ce n’est pas seulement une technologie. J’ai créé une marque, développé les produits, mis en place une petite unité de production et commencé à les commercialiser.
J’aime beaucoup la recherche et le développement, mais ce qui me plaît vraiment, c’est de partir d’une idée et d’aller jusqu’au produit que quelqu’un peut réellement acheter et utiliser.
À quel moment est née l’idée de ton projet et quel problème voulais-tu résoudre ?
Thomas – J’ai grandi dans une famille qui travaillait déjà dans le secteur. Mes parents avaient une petite entreprise qui fabriquait des bombes de peinture pour l’industrie.
Ça m’a donné très tôt envie de comprendre comment ces produits fonctionnaient et surtout de me demander pourquoi certaines choses étaient faites de cette manière depuis des décennies.
Pendant mes études, j’ai décidé de me lancer et de voir jusqu’où je pouvais emmener cette idée. Au départ, je voulais simplement savoir si elle était techniquement possible.
Puis le projet a pris une autre dimension. J’ai développé les formulations, construit les prototypes, créé une petite capacité de production, lancé ma propre marque et commencé à vendre les premiers produits.
Finalement, ce qui devait être un projet de R&D est devenu une véritable entreprise.
Quel rôle le programme Future Leaders a-t-il joué dans ton parcours entrepreneurial ?
Thomas – Je connaissais depuis plusieurs années le salon Paris Packaging Week, et lorsque j’ai découvert le programme Future Leaders, je me suis tout de suite reconnu dans l’esprit du programme.
Grâce à cette mise en avant, j’ai été repéré par l’organisation du salon et j’ai eu l’opportunité de présenter mes travaux devant des acteurs importants du secteur.
Et ça a complètement changé la dimension du projet.
Pendant trois ans, j’ai énormément travaillé en laboratoire pour résoudre les contraintes liées à l’air comprimé, tout en construisant progressivement une vraie activité autour de cette technologie. Et soudain, je me suis retrouvé à discuter directement avec des personnes qui dirigent des entreprises de ce marché.
C’était à la fois très gratifiant et assez impressionnant.
Que représente aujourd’hui Future Leaders pour toi ?
Thomas – Je dirais que ça a été un véritable tremplin.
Pas seulement parce que le programme m’a donné de la visibilité, mais surtout parce qu’il m’a permis de sortir de mon laboratoire et de confronter mon travail à des personnes qui ont une vision complètement différente de la mienne.
J’ai rencontré des profils venant de plusieurs pays, avec des parcours et des façons de penser très différents.
Et finalement, c’est peut-être ça que je retiens le plus : on peut passer énormément de temps à travailler seul sur une idée, mais c’est quand on la confronte aux autres qu’elle commence vraiment à prendre une autre dimension.
J’espère d’ailleurs pouvoir retrouver les autres Future Leaders lors de la prochaine Paris Packaging Week et voir jusqu’où chacun aura fait évoluer son projet.
Après cette visibilité et les différentes étapes de ton parcours, des entreprises ont commencé à te solliciter. Comment cela s’est-il passé et quelles opportunités cela a-t-il créées pour toi ?
Thomas – Après l’événement, plusieurs acteurs du secteur sont venus découvrir et tester mes produits. Certains m’ont ensuite invité chez eux pour me présenter leurs entreprises et leurs équipes.
C’était assez particulier pour moi, parce que pendant longtemps j’ai surtout travaillé à petite échelle, entre mon laboratoire et ma petite unité de production. Et soudain, je me retrouvais face à des entreprises qui ont des décennies d’expérience et des moyens industriels considérables.
Ça m’a forcément apporté beaucoup d’humilité, mais aussi une certaine fierté. Parce que derrière ces échanges, il y avait aussi la reconnaissance du travail accompli pendant ces trois dernières années.
Aujourd’hui, je continue à développer ma marque et ma production, tout en échangeant avec plusieurs acteurs du marché.
Je ne sais pas encore exactement jusqu’où cette aventure va m’emmener, mais c’est justement ce qui est passionnant : j’ai commencé en voulant simplement créer une technologie, et aujourd’hui je dois apprendre à construire l’entreprise qui va avec.
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Photo de Securikett







