Interview exclusive | Thomas Bernad, Future Leaders 2026
Ingénieur mécanicien de formation, Thomas Bernad ne se destinait pas à la chimie. Mais porté par l’objectif de développer la première bombe de peinture propulsée à l’air comprimé plutôt qu’au gaz de pétrole liquéfié, il s’est résolument plongé dans les univers de la formulation et du packaging ! Fondateur d’Aerosolution et de Be Morpho, le jeune homme de 26 ans veut transformer l’expérience de l’aérosol avec une technologie plus saine, plus propre et plus efficace.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans le packaging ?
Thomas Bernad – J’ai grandi dans une petite entreprise industrielle familiale qui fabriquait des peintures en aérosol. Très jeune, j’ai été immergé dans cet univers, notamment à travers les salons professionnels, ce qui m’a donné une vision très concrète de l’industrie. L’emballage n’est jamais neutre — il influence directement la façon dont un produit est utilisé.
Pendant mes études et mes stages, j’ai eu accès à un laboratoire et à des experts en formulation et en packaging. J’ai alors compris que la chimie, la mécanique et l’expérience utilisateur étaient indissociables. Mais la véritable inspiration vient de mon père. J’ai toujours admiré sa capacité à innover en sortant des sentiers battus. Cette manière de remettre en question les standards m’a poussé à repenser la bombe aérosol de l’intérieur.
Quel a été votre plus grand défi en tant que jeune leader ?
Thomas Bernad – Le défi principal a été technique. Travailler avec de l’air comprimé plutôt qu’avec des gaz liquéfiés implique une pression moins constante et une atomisation beaucoup plus complexe. Or, la peinture exige une dispersion parfaitement homogène pour garantir un rendu propre.
Il a fallu reconstruire tout le système : la géométrie du diffuseur, la rhéologie de la peinture, la dynamique de pression. Rien ne pouvait être copié des aérosols traditionnels. J’ai étudié plus de 800 formulations pour comprendre le comportement de la matière et maîtriser la fluidification au niveau de la buse.
À cela s’ajoutent les enjeux business et humains. Il faut naviguer entre de petites structures agiles et de grands industriels exigeant des volumes importants, tout en faisant ses preuves dans un secteur où mon jeune âge peut parfois être perçu comme un frein. Ce fut parfois complexe et il a fallu faire la preuve de la performance du produit.
Si vous pouviez changer une idée reçue sur le packaging ?
Thomas Bernad – Que le packaging serait passif. Dans l’aérosol, c’est exactement l’inverse. Le packaging est le cœur de la performance du produit.
La valve, la pression interne, le propulseur, la compatibilité avec la formulation ou le spray pattern déterminent directement l’expérience utilisateur : la qualité du rendu, la fluidité du geste et la sécurité. Lorsqu’on remplace les propulseurs fossiles par de l’air comprimé, on ne peut pas adapter un modèle existant : il faut tout réinventer.
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Photo de Securikett







